FORCE MAJEURE (Snow Therapy)
de Ruben Östlund

Version originale avec sous-titres français
Suède/Danemark/France/Norvège – 2014 – 118 min – Visa : Général
Avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara Wettergren, Vincent Wettergren et Kristofer Hivju

Une famille suédoise passe quelques précieux jours de vacances dans une station de sports d’hiver des Alpes françaises. Le soleil brille et les pistes sont magnifiques mais lors d’un déjeuner dans un restaurant de montagne, une avalanche vient tout bouleverser. Les clients du restaurant sont pris de panique, Ebba, la mère, appelle son mari Tomas à l’aide tout en essayant de protéger leurs enfants, alors que Tomas, lui, a pris la fuite ne pensant qu’à sauver sa peau… Mais le désastre annoncé ne se produit pas, l’avalanche s’est arrêtée juste avant le restaurant et la réalité reprend son cours. Il n’y a aucun dommage visible, et pourtant l’univers familial est ébranlé... FORCE MAJEURE est une comédie grinçante sur le rôle de l’homme au sein de la famille moderne.

Prix du jury au Festival de Cannes 2014 dans la catégorie Un certain regard, le film a reçu aussi de nombreuses récompenses dans plusieurs festivals.


Quelques mots de Ruben Östlund

« SNOW THERAPY trouve ses origines dans une question qui me fascine depuis longtemps : comment les êtres humains réagissent-ils dans des situations soudaines et inattendues comme une catastrophe par exemple? Ici, il s’agit de l’histoire de vacanciers témoins d’une avalanche et qui s’enfuient, terrifiés. Lorsque tout s’arrête, ils ont honte car ils ont succombé à leurs instincts primaires. Cette histoire-là m’est venue suite à une anecdote que je n’ai jamais pu oublier. Il y a quelques années, un couple de Suédois, des amis à moi, étaient en vacances en Amérique Latine lorsque soudain, des hommes armés ont surgi de nulle part et ont commencé à tirer. Le mari a réagi d’instinct et a couru se mettre à couvert, laissant sa femme sans protection. De retour en Suède, après un ou deux verres de vin, elle ne pouvait pas s’empêcher de raconter l’histoire encore et encore... Mon imagination a été piquée au vif. J’ai donc commencé à rechercher d’autres histoires vraies du même genre : des histoires d’urgence et de détresse, de passagers lors d’un naufrage de bateau, de touristes frappés par des tsunamis ou détenus en otage par des pirates. Dans des situations si extrêmes, les gens peuvent réagir de manière complètement inattendue et extrêmement égoïste. Il apparaît - des études scientifiques ont été réalisées sur ce sujet - qu’après une catastrophe, une attaque de pirate ou un naufrage, un grand nombre de survivants divorcent. Il semble aussi que dans beaucoup de cas, les hommes n’agissent pas selon les codes chevaleresques attendus. Dans des situations de vie ou de mort, lorsque la propre survie d’un individu est en jeu, il semble que les hommes ont davantage tendance à s’enfuir et sauver leur vie plutôt que de protéger les femmes, ce qui constitue la cause principale de ces divorces. Cela m’a donné envie de parler de la notion reçue selon laquelle un homme est supposé être le protecteur de sa femme et de sa famille et du code social selon lequel l’homme ne doit pas reculer face au danger. » (extrait du dossier de presse)