MA MÈRE
de Nanni Moretti

Version originale italienne avec sous-titres français de MIA MADRE
Italie–France. 2015. 118 min. Visa : Général
Avec Margherita Bay, John Turturro et Giulia Lazzarini

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille?

« La mise en scène épurée va à l'essentiel et la direction d'acteurs de Moretti est remarquable. »
- Éric Moreault, Le Soleil

Prix du jury œcuménique au Festival de Cannes 2015.


Quelques mots du réalisateur

Le personnage interprété par Margherita Buy dans MIA MADRE est-il votre double ?

Je n’ai jamais pensé interpréter moi-même ce film. Cela fait déjà quelque temps que je ne le fais plus, et j’en suis heureux. Avant, cela m’amusait ; aujourd’hui je n’ai plus cette idée fixe de vouloir construire mon personnage film après film. J’ai toujours pensé que ce serait une femme et une réalisatrice. Et que cette femme serait jouée par Margherita Buy, pour une raison très simple : un film avec Margherita Buy comme actrice principale sera meilleur qu’un film avec moi en premier rôle... Elle joue beaucoup mieux que moi ! Margherita a porté sur ses épaules tout le poids du travail : sur soixante-dix jours de tournage, elle n’a été absente qu’une journée - pour une scène que j’ai coupée !

On a tout de même l’impression qu’il y a beaucoup de vous dans le film…

Dans la séquence devant le cinéma de Rome, Capranichetta, durant laquelle le frère de Margherita, que j’interprète, demande à sa sœur de briser au moins un de ses deux cents schémas mentaux, c’est comme si je me parlais à moi-même. J’ai toujours pensé qu’avec le temps, je m’habituerais à puiser au plus profond de moi… Mais au contraire, plus j’avance et plus je continue ainsi, plus la sensation de malaise augmente. Ceci étant, ce n’est pas une confession. Il y a des plans, des choix, des interprétations, ce n’est pas la vie.

Comment définiriez-vous ce travail : autobiographie, autofiction ?

Le terme autofiction, je ne l’ai pas vraiment compris. Et l’autobiographie… Chaque histoire est autobiographique. Je parlais de moi quand je parlais du sentiment d’inaptitude du pape interprété par Michel Piccoli dans HABEMUS PAPAM, et aussi quand je mettais en scène les histoires personnelles ou le travail de Silvio Orlando dans LE CAÏMAN. Plus encore que de vouloir mesurer le taux d’autobiographie, ce qui compte, c’est d’avoir une approche personnelle vis-à-vis de toutes les histoires. (source : dossier de presse)