LES INNOCENTES
d’Anne Fontaine

France–Pologne. 2015. 115 min. Visa : Général
Avec Lou de Laâge, Agata Buzeket Agata Kulesza

Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu, une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise. D'abord réticente, Mathilde accepte de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde. Elle découvre que plusieurs d'entre elles, tombées enceintes dans des circonstances dramatiques, sont sur le point d'accoucher.

« Filmée en quasi-huis clos, cette histoire repose en grande partie sur le talent des interprètes. »
- Télérama


Quelques mots de la réalisatrice

LES INNOCENTES s’inspire de faits peu connus qui se sont déroulés en Pologne durant l’année 1945.


Le destin de ces soeurs est hallucinant : selon les notes de Madeleine Pauliac, le médecin de la Croix-Rouge dont le film s’inspire, 25 d’entre elles ont été violées dans leur couvent – parfois plus de 40 fois d’affilée –, 20 ont été tuées, et 5 ont dû affronter des grossesses. Cela ne montre pas les soldats soviétiques sous un aspect flatteur mais c’est la vérité historique ; une vérité que la Pologne n’ébruite pas mais qu’un certain nombre d’historiens connaissent. Ces militaires n’avaient pas le sentiment d’accomplir des actes répréhensibles : ils y étaient autorisés par leurs supérieurs en récompense de leurs efforts. La brutalité dont ils faisaient preuve est malheureusement toujours d’actualité. Dans les pays en guerre, les femmes continuent de la subir.

Quelle a été votre réaction à la proposition des producteurs, les frères Altmayer ?

Cette histoire m’a happée. Sans très bien comprendre pourquoi alors, j’ai su que j’avais un rapport très personnel avec elle. La maternité, le questionnement sur la foi étaient des thèmes que j’avais envie d’explorer. Je voulais aller au plus près de ce qui se passe à l’intérieur de ces êtres, raconter l’indicible. La spiritualité devait être au coeur du film.

Étiez-vous familière des questions religieuses ?

Je viens d’une famille catholique – deux de mes tantes étaient religieuses –, j’ai des notions en la matière. Mais je ne sais pas travailler sur un sujet sans le connaître parfaitement et j’ai voulu éprouver de l’intérieur ce qu’était la vie dans un couvent. Il me semblait important d’appréhender le rythme des journées d’une religieuse. J’ai effectué deux retraites chez les Bénédictines, la même congrégation que celle du film. Je n’étais que simple observatrice pendant la première, mais j’ai véritablement vécu la vie d’une novice durant la seconde. (extrait du dossier de presse)