FIVE
d’Igor Gotesman

France. 2016. 102 min. Visa : 13 ans +
Avec Pierre Niney, François Civil et Igor Gotesman

Cinq amis d'enfance rêvent depuis toujours d'habiter en colocation. Lorsque l'occasion d'emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n'hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! À peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d'assumer sa part en se mettant à vendre de l'herbe.

« Cette comédie pétillante et hilarante transcende les clichés pour trouver son propre délire scénaristique. »
- Paris Match


Quelques mots du réalisateur

Comment en es-tu arrivé à écrire, réaliser et interpréter ton premier film, Five ?


À vrai dire c’était pas gagné ! J’ai commencé par faire des études de droit. Jusqu’au jour où je suis allé voir Les Indestructibles. Ce dessin animé Pixar sur des super héros qu’on essaie de forcer à être normaux et dont la vraie nature revient au galop, a été un vrai déclic. Je me suis dit qu’il fallait que j’essaie d’être acteur pour ne pas me réveiller dans 6 ans dans la peau d’un avocat et passer la fin de ma vie à raser les murs devant les cinémas. En passant mes premiers castings, je me suis vite rendu compte que j’avais plutôt un physique pour jouer les sidekick dans les comédies comme Jason Segel ou Chris Pratt, mais en même temps j’avais pas l’âge. On me voyait pour faire des vigiles, des gardes du corps, et en même temps, je n’avais pas vraiment la tête à ça avec ma fossette et ma tête de gentil. Alors j’ai eu envie d’écrire mes propres rôles. Et grâce à ça, je me suis rendu compte que ce que je voulais vraiment faire, c’était écrire et réaliser.

Tu décris le film comme un « documentaire animalier sur les 25 ans »...

Je voulais qu’en voyant mon film les spectateurs découvrent l’univers d’une tribu avec ses codes, ses habitudes et son propre langage. C’est dans ce sens que je parle de mon film comme d’un documentaire animalier. Après, à 25 ans, il y a une sorte de ventre mou, tout le monde est à un moment différent de sa vie, certains travaillent déjà, d’autres changent d’orientation ou galèrent dans leur branche. Il n’y a pas de rites de passage qui m’auraient aidé à écrire une chronique, il n’y a pas le bac comme à 18 ans, alors il fallait que je trouve une problématique qui allait jouer comme un accélérateur de particules, d’où l’histoire du deal et de la drogue à écouler. Ils ont leur propre langage, leur propre vocabulaire. Il y a des mots destinés à devenir cultes comme la « gênance » ou le « fiono »... Ça me ferait marrer qu’après le film, les gens reprennent ces expressions ! C’est impossible de retracer la genèse de chaque mot. La « gênance », j’ai l’impression de l’avoir inventé par exemple, mais comme François, Pierre et sûrement plein d’autres gens dans le monde ! On parle comme ça dans la vie, on ne sait jamais vraiment d’où ça sort, ça « surgit ».

Tu avais des références ou des contre-références en tête ?

J’ai toujours aimé l’humour cul-pipi-caca. Les vannes trash sont plutôt l’apanage du cinéma anglo-saxon. J’adore SuperGrave ou En Cloque, mode d’emploi et en général les productions Apatow. Même dans Juno, il y avait une vraie liberté à faire parler une gamine de 14 ans comme un charretier. Coté français, bizarrement, une de mes grandes références est La haine. Pour beaucoup ce film est d’abord un film social mais comme je l’ai vu très jeune, je l’ai d’abord perçu comme une comédie, et ça n’a jamais changé. Le rythme, l’écriture, la liberté des dialogues et la quotidienneté des situations de ce film m’ont depuis toujours beaucoup inspiré. Le Péril jeune ou L’auberge espagnole m’ont aussi marqué dans le genre film générationnel, et La crise a bercé mon enfance. Je ne comprenais rien au film mais je voyais bien à quel point l’écriture était ciselée. Ce que j’aspire à éviter par-dessus tout, c’est le défaut des premiers longs où tu t’excuses de faire un film juste sur des potes, alors du coup, tu rajoutes artificiellement une histoire plus dramatique à côté et au final ça donne souvent l’effet d’un film qui veut être pour les 7 à 77 ans. Je n’y crois pas. C’est comme le menu terre mer, parfois ça marche, mais souvent c’est dégueulasse. Je préfère la jouer classique avec une bonne entrecôte ! Tout ça n’empêche évidemment pas de mettre de l’émotion dans le film, heureusement.

(extrait du dossier de presse)