CHOCOLAT
de Roschdy Zem

France. 2016. 119 min. Visa : Général
Avec Omar Sy, James Thierrée, Clothilde Hesme

Du cirque au théâtre, de l'anonymat à la gloire, l'incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu'il forme avec Footit, va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l'argent facile, le jeu et les discriminations n'usent leur amitié et la carrière de Chocolat. Le film retrace l'histoire de cet artiste hors du commun.

« Omar Sy est magistral dans ce film biographique. »
- Isabelle Hontebeyrie, Canoe.ca


Quelques mots du réalisateur

Connaissiez-vous l’histoire de Footit et Chocolat ?


Non, je l’ai découverte en lisant le scénario. Lorsque Nicolas et Eric Altmayer m’ont proposé le projet, ils avaient déjà une version avancée du script avec des personnages et un sujet fort. Il est assez rare de trouver une idée originale en France comme ailleurs. C’est à Eric et Nicolas qu’en revient le mérite.

De là votre enthousiasme qu’Omar définit comme contagieux ?

Il est en réalité dû à la combinaison de plusieurs facteurs : d’un côté la perspective de filmer le Paris du début du siècle dernier avec son faste. D’un autre, celui de raconter l’histoire d’une amitié forte entre deux hommes. Et puis il y a le personnage de Chocolat : un épicurien qui embrasse la vie. Sans oublier son passé d’esclave, il saisit les opportunités qui lui sont offertes et devient une grande vedette. Avec ce personnage positif il devenait possible, sans occulter le contexte colonialiste, de traiter l’histoire en évitant le pathos. Ce qui pour moi était primordial.

Comment avez-vous travaillé à l’adaptation du scénario de Cyril Gély ?

Pour me l’approprier, j’ai dû en quelque sorte l’adapter avec un autre scénariste. En l’occurrence Olivier Gorce, le scénariste avec qui j’ai coécris OMAR M’A TUER. On s’est tous deux focalisé sur la relation qu’avait Footit et Chocolat sur la piste, mais surtout en dehors.

C’est votre premier film d’époque. Comment avez-vous préparé le tournage ?

Les chefs de poste -1er assistant, chef opérateur, chef décorateur, costumière - étant disponibles six mois avant les premières prises de vue, on a pu démarrer la préparation très tôt. Il y a eu un important travail de documentation. Mais dans un film d’époque, la vraie difficulté réside dans la logistique. On a choisi de tourner à Paris plutôt qu’en studio à Prague ou ailleurs. Or lorsqu’on tourne en extérieur une histoire qui se déroule un siècle plus tôt, on a beau mettre en place la décoration adéquate, il y a toujours une grue qui dépasse au loin. Pour ces scènes-là, nous avons défini les axes dès le découpage et réalisé un story board en raison des effets spéciaux.

Comment avez-vous élaboré l’esthétique du film ? Aviez-vous un film de référence ?

En réalité plusieurs. Pascaline Chavanne la costumière, Jérémie Duchier le chef déco, Thomas Letellier le chef opérateur et moi avons visionné beaucoup de films. Certaines séquences de LA MÔME (d’Olivier Dahan) m’ont inspirées pour la mise en scène. BARRY LYNDON (de Stanley Kubrick) fut une référence pour le traitement de l’image. L’esthétique est cruciale dans ce genre de film. Pour le choix des couleurs, comme des tissus, on s’est appuyé sur des documents, des tableaux, avant de vérifier le rendu à l’image. Car avec le numérique, certaines teintes pourtant magnifiques à l’oeil nu ne rendent rien. Une fois choisies, il fallait les harmoniser. Même le maquillage des clowns devait être en adéquation. Raison pour laquelle j’ai souhaité qu’aucun chef de poste ne travaille dans son coin. On a donc conçu la lumière en fonction des costumes, les costumes en fonction des décors, les tenues des hommes en tenant compte de celles des femmes ; et celles des personnages principaux en fonction de celles des figurants. Car l’oeil n’aime pas être parasité et une touche de couleur criarde en arrière-plan peut gâcher une scène d’émotion. (source : dossier de presse)