VICTORIA
de Justine Triet

France. 2016. 97 min. Visa : Général
Avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud

Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu'elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

« Un film aussi drôle que sensible. »
- Éric Moreault, Le Soleil


Quelques mots de la réalisatrice

Est-ce que VICTORIA est un film joyeux sur la dépression ?


Je dirais plutôt que c’est une comédie « désespérée » sur la vie chaotique d’une femme contemporaine.

Pourquoi une comédie ?

Je crois que ça me permet de parler de manière plus gracieuse de mes obsessions : la difficulté des relations hommes/femmes, la solitude, les enfants, la justice, l’argent, le sexe. Le genre me permet de regarder ça avec une plus grande distance. J’avais envie de faire le portrait d’une femme qu’on découvrirait progressivement, par différentes strates, et dont les problèmes sexuels seraient engloutis par d’autres choses : le procès de son ami, le harcèlement de son ex. Les personnages se chargent graduellement comme dans LA BATAILLE DE SOLFÉRINO. Ce n’est pas une pauvre petite oie blanche ou l’histoire de sa chronique amoureuse. C’est le récit d’une femme complexe prise dans une spirale émotionnelle que sa situation professionnelle fait imploser. La contamination de l’intime par le travail traverse le film. L’ambition c’était de raconter tout ça : ce qui la fait chuter, ce qui la fait renaître.

Quelles ont été tes références ? On pense beaucoup à la comédie américaine en voyant VICTORIA.

Oui, carrément. Howard Hawks, Billy Wilder ou Blake Edwards mais aussi Sacha Guitry, m’ont beaucoup inspirée. DÉSIRÉ, de Guitry, en particulier, avec ce mélange de rapport social violent et de séduction entre le domestique et sa patronne. Et puis Woody Allen aussi, évidemment. Mais il y a aussi les films de James L. Brooks que j’adore et que j’ai découverts assez tard, comme COMMENT SAVOIR ou SPANGLISH. Mon goût pour la comédie s’est développé avec le temps. J’ai aussi une passion pour certaines séries comiques telles que SILICON VALLEY. Ou quelque chose de moins avouable comme la sitcom MOM, qui pour moi mêle de façon inégalée le drame et la comédie. Elle m’a fait réaliser qu’on pouvait aller très loin et raconter des choses sombres ou trash avec humour. Il y a un ressort comique dans le film qui tient à la superposition des rendez-vous où Victoria cherche conseil : amie, psys, voyante, acupuncteur… Oui, le film se vit dans l’action autant que par la parole réflexive de Victoria. Un des principes d’écriture a en effet été la répétition de confidences de Victoria aux mauvaises personnes, aux mauvais endroits. Elle parle de ses angoisses professionnelles aux hommes avec lesquels elle devrait coucher, de son ex à une cliente qu’elle devrait défendre, de son deuxième psy à son premier. Il y a souvent un décalage entre le rôle social que les gens sont censés représenter et ce qu’ils font. J’ai cherché à tirer le film du drame vers la comédie et à créer un effet jubilatoire alimenté par ce genre de contradiction. (source : dossier de presse)