MES NUITS FERONT ÉCHO
de Sophie Goyette

Canada (Québec). 2017. 98 min. Visa : En attente de classement
Avec Éliane Préfontaine, Gerardo Trejoluna, Felipe Casanova

Au Québec, au Mexique et en Asie, trois rêveurs éveillés répondent à l’appel pressant des images et des mélodies qui les habitent, le jour comme la nuit. Marqués par une absence, un départ ou un urgent besoin d’aller vers l’autre, Éliane, Romes et son père Pablo choisissent d’agir avant qu’il ne soit trop tard. De trouver refuge dans un espace indicible et aux multiples visages – pas tout à fait dans le monde concret, mais juste à côté.

« Si Mes nuits feront écho affiche une facture onirique avec ses moments contemplatifs, Sophie Goyette orchestre des dialogues plus vrais que nature au cours de scènes où chaque mot, chaque hésitation, chaque silence prennent tous leur sens. »
- Manon Dumais, Le Devoir


Quelques mots de la réalisatrice

QUAND ET COMMENT EST NÉE L’IDÉE DE CE FILM?

J’ai écrit le scénario il y a deux ans et demi, c’était un peu un message d’espoir que je me lançais à moi-même. J’avais besoin de vivre quelque chose au cinéma, qui n’est pas juste une histoire psychologique ou une trame narrative classique où on devine les dénouements. J’avais besoin de retourner à des émotions fortes, de la magie, du mystère. J’étais aussi très attirée par le fait que quelque chose qui nous unit tous sur terre est qu’on rêve la nuit. Peu importe notre âge, nationalité, niveau de vie… C’est quelque chose que je trouve assez fascinant. Comme une autre voie d’autoroute qui existe, en parallèle de notre quotidien. Et qu’on emprunte tous le soir, la nuit. Aussi l’idée que n’importe qui, peu importe dans quelle prison réelle ou irréelle il ou elle habite, non seulement rêve, mais peut être le maître de ses rêves. Une personne peut être en prison et rêver qu’elle est reine d’Égypte. Je trouve ça unique, ce pouvoir d’imagination qu’on a en nous, pas juste à l’enfance. Peut-être est-ce dans ce sens-là que la notion d’espoir revenait souvent à chaque étape d’écriture.

LE FILM EST-IL NÉ DES PERSONNAGES? D’UNE IMAGE?

Je suis assez visuelle comme cinéaste. J’avais déjà des images précises en tête qui se déroulaient au Mexique ou en Asie. Ce sont des endroits où je n’avais jamais voyagé. La première année, je suis partie seule en repérage pour trouver ces lieux. On parle souvent de direction d’acteurs, mais j’ai l’impression que je me retrouvais aussi en « direction de lieux ». Je les choisis comme des personnages. Je le voyais vraiment comme du casting : est-ce la bonne personne, le bon lieu? Est-ce que je sens qu’on va aller loin ensemble dans cette oeuvre-là? Pour moi, les lieux ont une âme. Le tournage a été très court : il s’est déroulé en dix-sept jours l’année suivante. J’avais besoin d’images qui sont plus grandes que nous, de faire vivre quelque chose d’un peu énigmatique. Mais en même temps, c’était important pour moi que chaque lieu ne paraisse pas exotique ou que s’il l’est, il le soit d’une façon différente. À un niveau magique ou de rêverie. Au point où on se demande si ça se passe vraiment ou si c’est un rêve. Les conversations d’Éliane au Mexique ou celles du père et du fils en Asie auraient pu se passer dans leur pays. Mais il fallait qu’ils aillent au bout du monde pour se livrer des choses entre eux, et à eux-mêmes. (extrait du dossier de presse)