PIEDS NUS DANS L’AUBE
de Francis Leclerc

Canada (Québec). 2017. 114 min. (G)
Avec Julien Leyrolles-Bouchard, Roy Dupuis, Catherine Sénart, Claude Legault

À l'automne 1926 à La Tuque, Félix Leclerc, 12 ans, se lie d'amitié avec un garçon de son âge issu d'une famille très pauvre, qui va l'aider à entendre l'appel du large.

« Francis Leclerc a eu du flair en choisissant ses acteurs. Dans le rôle de la mère de Félix, Catherine Sénart incarne parfaitement l'archétype de la « mère au foyer » québécoise de cette époque, compréhensive et dotée d'un instinct sûr. Le père ne pouvait pas trouver meilleur interprète que Roy Dupuis. La maturité aidant, l'acteur crève l'écran en imposant cette figure paternelle à la fois forte, droite comme un chêne, se posant comme un point de repère immuable pour son fils. »

- Marc-André Lussier, La Presse


Quelques mots du réalisateur

Le film débute quelque part en février 1927, alors que Félix termine sa 12e année. En livrant du bois avec son père et ses frères, il rencontre pour la première fois Fidor, jeune homme énigmatique, reclus et différent des autres. Félix se rapproche de lui tout au long de la même année. Alors que leur amitié est au plus fort, ils doivent se séparer — pour toujours — dès l’automne venu, alors que Félix doit, malgré lui, partir étudier à Ottawa dans un collège classique. Cette éventualité de séparation est évoquée dès le début, et mise en parallèle. Leur amitié se développe d’une manière toute naturelle, sans heurts, sans collision. Le destin des deux jeunes hommes était déjà tracé.

L’enfance de Pieds nus dans l’aube est donc marquée de cette amitié unique, celle avec Fidor, l’enfant qui va à « l’autre école, celle où il n’y a pas de pupitres vernis ». (...) C’est surtout de cette amitié qu’il est question dans le livre. À l’écran, elle est devenue naturelle et profonde. En Fidor, le petit pauvre du village, Félix découvre son complément et son contraire. Parfois, après avoir tourné le film, je me demande encore : et si Fidor n’avait jamais existé ? N’est-il pas que le fruit de l’imagination de mon père ? Malgré les années qui séparent nos générations, l’enfance que dépeint mon père dans son roman est sans doute plus proche de la mienne et de celle de mon fils. Mêmes valeurs peut-être, mêmes peurs, mêmes sensibilités, je me retrouve, moi, Francis, dans Félix le personnage du roman autant que je peux voir mon propre fils (Léo) à travers toutes les scènes. Trois générations s’entremêlent dans ma tête. Dans les faits et gestes décrits dans le scénario, une confusion souhaitée, comprise, judicieusement choisie s’est amenée tout au long de l’écriture. Ce qui fait qu’il y a un peu de moi dans l’histoire, un peu de mon fils et, bien entendu, beaucoup de Félix.
- Francis Leclerc
(extrait du livre Pieds nus dans l’aube, de l’image à l’écran – éditions Fides, 2017)